Interview avec sa Sainteté Drikung Kyabgön Chetsang

Interview avec sa Sainteté Drikung Kyabgön Chetsang

Interview complète

(c) Bertrand Vacarisas

Ouverture d’un centre bouddhiste de méditation en France

(c) Bertrand Vacarisas

Q : Merci d’être venu à Bonny sur Loire et de nous avoir accordé cette interview. Votre Sainteté, la France est un pays laïc depuis 1958, de tradition catholique. Certaines personnes ici ont peur de la religion, en particulier des religions qu’elles ne connaissent pas. Nous ouvrons un nouveau centre bouddhiste à Bonny-sur-Loire, que voudriez-vous dire à ses citoyens et aux personnes vivant en France et dans cette ville? Pourquoi est-il bon d’avoir un centre « Mila Center » en France?

R : Tashi delek! Je crois que c’est le cas de tous les Occidentaux vous savez. Aussi je voudrais d’abord dire quelques mots au sujet du bouddhisme et vous verrez qu’il n’y a là rien dont il faille avoir peur. Commençons déjà par nous demander si le bouddhisme est une religion. Est-ce vraiment le cas? Si vous connaissez Bouddha, sa philosophie, sa doctrine et ce qu’il est réellement, alors vous voyez qu’on n’est pas dans le domaine de la religion. Bouddha a dit : « Vous, moines et érudits, ne suivez pas mes enseignements avec une foi aveugle. Prenez la peine d’étudier et d’évaluer par vous-mêmes si ce que j’enseigne est vrai ou non. » Ce discours est absent des autres religions, qui prônent généralement la croyance aveugle en un Dieu, on vous demande d’avoir la foi à 100%. La démarche du disciple bouddhiste, elle, est proche de celle d’un orfèvre : l’or doit être fondu et découpé puis son authenticité doit être vérifiée en le frottant à autre pierre. Vous êtes libre d’accepter les choses authentiques mais personne ne vous oblige à accepter les contrefaçons, n’est-ce pas ? C’est à vous de choisir. Bouddha montre un chemin, puis vous menez votre propre enquête.
Petit à petit, vous creusez le sujet. Et en explorant les questions de la réincarnation, du karma, des vies passées, votre dévotion s’approfondit. On ne peut pas vraiment appeler ça une religion. La même consigne s’applique au choix d’un enseignant. Vous êtes sensé l’observer pendant trois ans pour évaluer s’il est qualifié ou non. Et l’enseignant fait de même avec l’élève, il examine si celui-ci est qualifié et sincère. S’il ne l’est pas, alors il ne faut pas lui donner d’enseignements. C’est un principe.

La philosophie de Bouddha est très riche, mais le principe central est celui de l’origine interdépendante, c’est-à-dire du lien entre les causes et les effets. Tout ce que vous observez, tous les phénomènes qui émergent dans ce monde émergent de façon interdépendante. Ce n’est pas non plus ce que la religion nous dit, n’est-ce pas ? Une anecdote au sujet de Bouddha l’illustre parfaitement. Il est à Rajgir en Inde, en train de contempler une rizière, et il dit « Vous avez ceci, puis vous avez cela. » Si vous cultivez ces choses-là, alors ce sont ces choses-là que vous récolterez. Des champs, une bonne eau, un climat approprié : les conditions sont réunies pour faire pousser du riz. Vous plantez la semence du riz et vous en récoltez les fruits. Tous ces éléments sont interdépendants. Les causes et les effets fonctionnent comme des systèmes écologiques au sein desquels tout est relié. La religion ne dit pas cela.

Les causes et les conditions travaillent conjointement, vous examinez attentivement tout ce que vous voyez et percevez. Ceci dit, l’essence des choses, la vérité ultime, continuera de vous échapper. Prenez la Suisse, où des chercheurs tentent de comprendre la structure des particules élémentaires en les « cassant » à l’aide d’une technologie de pointe. Il n’y a en fait rien de concret à mettre à jour, rien d’existant. C’est du vide. Non pas que les particules soient vides, mais la vacuité elle-même constitue la forme, la forme est vacuité. C’est le fondement de notre philosophie.

Donc comment utiliser cette philosophie bouddhiste dans la vie quotidienne ? Bouddha a dit : « Faites de bonnes actions, évitez les actions, les paroles et les pensées négatives et éduquez votre esprit. » Car toutes les actions, bonnes ou mauvaises, proviennent de votre esprit. Voilà pourquoi il faut l’éduquer. Donc qu’est-ce que le bouddhisme ? Rien qui doive vous faire peur, car l’enseignement de Bouddha nous apprend à éviter toute forme de négativité, en actions, en paroles et en pensées. Vous vous centrez sur le fait de faire le bien, pour vous-même mais aussi pour la société, pour le monde entier. Les chemins pour y parvenir sont nombreux, mais cette notion est l’essence même des enseignements. Et elle est fondée sur un constat simple : les actions négatives engendrent la souffrance. Si dans notre vie actuelle, nous sommes confrontés à la maladie, à un manque de succès en affaires, à de multiples problèmes familiaux et sociétaux, ce n’est pas sans raison. J’ai exposé plus haut le fait que tout ce qui existe résulte de causes et de conditions interdépendantes, et bien nous y sommes. Ce sont des pensées, des paroles ou des actions négatives qui ont produit tout ça. De la même façon, notre bonheur actuel, notre chance, notre sérénité, l’harmonie au sein de notre famille et de notre société résultent de bonnes actions passées, de bonnes paroles, de bonnes pensées. Elles ont produit de bonnes choses dans notre présent.

Je ne vois donc rien dans le bouddhisme dont il faille se méfier, tout ça est très simple. Et Bouddha nous a invité à évaluer par nous-mêmes ce qui est bon pour nous. Cela fait quarante ans maintenant que nous avons commencé à créer des centres Drikung Kagyu. Aux Etats-Unis tout d’abord, puis en Europe depuis trente-cinq ans, à commencer par l’Allemagne où nous avons sept centres. Le siège européen de nos activités se trouve à Schneverdingen, à une heure au sud d’Hambourg. J’y vais chaque année pour enseigner. Nos activités sont centrées principalement sur la méditation, car les Occidentaux ont tout le confort matériel mais leur mental est trop agité et c’est une vraie cause de souffrance, n’est-ce pas ? Donc il faut apprendre à se détendre. Par ailleurs, nous développons des projets de lieux d’accueil pour accompagner les personnes mourantes et les aider à finir leur vie paisiblement. Nous nous appuyons à la fois sur la technologie moderne et sur la tradition bouddhiste ancestrale, dont les méthodes pour accompagner le passage de la vie à la mort sont très précises. Nous avons aussi une activité de traduction et de publication. Nous comptons cent cinquante centres dans le monde entier, dont quarante aux Etats-Unis, et d’autres en Amérique du Sud depuis trente ans, notamment au Chili, en Allemagne depuis trente-cinq ans, en Angleterre, en Estonie, en Lettonie, en Ukraine, à Moscou en Russie, en Asie nous avons une vingtaine de centres à Taïwan, d’autres au Vietnam. En Thaïlande c’est inutile, le bouddhisme est déjà très développé ! Et en Chine, nous ne sommes pas autorisés à créer un centre officiel mais de nombreux groupes se réunissent en petits comités pour pratiquer. Les provinces du Sichuan, du Yunnan, du Qinghai et du Gansu sont particulièrement actives. Quant au Tibet, nous y avons plus d’une centaine de temples. Organiser de grands rassemblements pour des enseignements exceptionnels est particulièrement difficile au Tibet central, il nous faut une permission du gouvernement. La dernière fois que Sa Sainteté Chungtsang Rinpoche s’y est rendu, des centaines de milliers de personnes ont afflué. On peut faire ça une fois tous les trente ans, mais pas régulièrement.

J’aimerais préciser dans nos centres , la religion, la culture et la politique sont séparées. On ne mélange pas ces choses, car chaque pays a son propre contexte culturel et ses propres religions. Si vous fréquentez un centre en Allemagne, c’est la culture allemande qui s’impose. C’est l’essence des enseignements de Bouddha. Prenons l’exemple de la musique lors des rituels : les pratiquants n’utilisent pas seulement les mélodies tibétaines, ils inventent aussi les leurs et c’est une bonne chose.

Ici en France, vous avez atteint un niveau très élevé sur le plan technologique, vous êtes une société moderne avec une économie très développée, mais pour que tout ça fonctionne vraiment bien, la dimension spirituelle a besoin d’être harmonisée. Si le développement économique ne s’accompagne pas d’un développement spirituel, c’est la source de bien des problèmes. C’est pourquoi la création d’un centre de méditation est nécessaire. Cela fait trente ans que je parcours le monde, et je constate un intérêt croissant des Occidentaux pour la méditation. Alors vraiment je me réjouis que nous puissions créer ce nouveau centre.

Comment bien pratiquer en France ?

(c) Bertrand Vacarisas

Q : Quelle est la meilleure façon de pratiquer le bouddhisme dans un pays comme la France ? C’est très différent de l’Asie, les bouddhistes ne sont pas si nombreux et ce n’est pas notre culture. Pour des gens qui vivent dans des grandes villes où tout le monde est très affairé et très soucieux, comment pratiquer au mieux et progresser dans cette voie ?

R: Avant toute chose, il faut méditer. Dans la société moderne, les gens manquent de temps, c’est pourquoi la pratique méditative que propose Khenpo Könchök Tashi ici est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus courte que dans notre tradition. Je dirais dix fois plus courte! En Asie aussi vous savez, les gens sont de plus en plus affairés.

Vous pouvez pratiquer de deux façons. La première, c’est ce qu’on appelle la méditation du repos calme : ça existe dans toutes les religions, seules les méthodes diffèrent. On peut la pratiquer en marchant dans la rue. Vous marchez de chez vous à votre lieu de travail par exemple, et tandis que vous marchez, vous vous concentrez. Vous décidez que de ce feu rouge jusqu’au prochain, vous n’allez pas cogiter. Lorsque vous êtes concentré, il n’y a de place pour aucune pensée, aucune. Et puis vous traversez la rue, et vous recommencez à vous concentrer. Le principe est le même quand vous méditez assis. Cette méditation en mouvement existe aussi en Thaïlande et pas mal de personnes issues du bouddhisme Theravāda l’ont importée ici. Vous marchez, vous marchez, et vous vous concentrez sur vos pas, c’est tout. Pied droit, pied gauche… pied droit, pied gauche… Juste les pas. Si vous êtes pressé d’arriver au travail et que vous marchez vite, c’est le même principe : vous levez un pied, vous l’avancez, vous le posez… et vous recommencez. Se concentrer sur cette alternance des pas, même quand vous marchez vite, c’est aussi de la méditation.

La deuxième façon de pratiquer, c’est de faire une courte méditation tôt le matin. Pas besoin d’aller dans un temple, de s’asseoir d’une façon spéciale ou de prier quelque chose en particulier. Souvenez-vous que Bouddha nous recommande de dompter notre esprit, pas notre corps ! Donc vous entraînez votre esprit, et vous lui donnez un ordre : « Maintenant, tu es Avalokiteshvara ! », ou tout autre yidam de votre choix. Et vous devenez Avalokiteshvara ! Vous marchez dans la rue, et ce n’est plus vous, c’est lui qui marche ! C’est une pratique importante du Vajrayana.

Faire attention à l’environnement

(c) Bertrand Vacarisas

Q : Votre Sainteté, vous êtes Ambassadeur de bonne volonté pour Mountain Partnership, une alliance volontaire de partenaires au sein de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. Cet après-midi, vous allez planter cinq arbres dans le jardin de Mila Rechen Center. Pourquoi la nature est-elle si importante pour nous tous ? Et en quoi ce sujet vous tient-il particulièrement à cœur ?

R: Le sujet est très vaste, mais si je résume, je dirais que si vous voulez être en bonne santé, vous devez prendre soin de l’environnement. C’est là que nous vivons et que nous respirons, à chaque instant. Donc vous êtes en contact direct avec votre environnement par l’intermédiaire de votre souffle. Au Ladakh, où nous avons planté beaucoup d’arbres, il y a davantage d’oxygène dans l’atmosphère, c’est très sain. Ce matin aux informations, j’ai entendu que l’atmosphère à Delhi est tellement délétère que les gens doivent porter un masque. Imaginez l’état de leurs poumons. Les médecins nous disent que nos poumons présentaient une couleur plutôt rouge, mais ils sont devenus noirs peu à peu. Voilà pourquoi si vous voulez être en bonne santé, prendre soin de l’environnement est incontournable. Et si vous le faites avec tout votre cœur, ça profitera à de nombreux êtres sensibles, pas seulement des humains. Dans un environnement sain, les arbres et l’herbe peuvent croitre, les animaux peuvent vivre et se nourrir, trouver refuge. C’est bon pour tout le monde. Et c’est aussi une pratique bouddhiste : on fait de bonnes actions et on accumule les mérites. Si vous voulez que les choses aillent dans le sens de la paix et du bonheur, vous devez prendre soin de l’environnement.

J’ai accepté cette responsabilité au sein du projet Global Mountain Partnership, qui est organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (F.A.O.). Il regroupe des gouvernements et des ONG, plus de cent quarante organisations au total, autour d’une volonté commune d’améliorer la vie des peuples vivant dans les régions montagneuses, partout dans le monde. J’ai déjà collaboré quatre ans avec eux, et quand j’ai voulu me retirer au terme de mon mandat, ils m’ont rattrapé, donc j’ai continué pour quatre années supplémentaires. Comme je suis essentiellement basé au Ladakh, c’est là que nous avons commencé à œuvrer. On est confronté à la fonte des glaciers à cause du réchauffement climatique. Un expert allemand des glaciers nous a expliqué qu’au cours des trente dernières années, 30% des glaciers dans le monde ont fondu. Et ça va continuer dans les trente années à venir, donc c’est très sérieux. Plusieurs rivières très importantes prennent leur source dans la région himalayenne, en Birmanie, en Inde. Ces sources approvisionnent de nombreux pays asiatiques. Si on ne s’occupe pas du problème, des milliards de personnes vont être confrontées à une crise majeure. Donc nous devons nous en occuper.
Au Ladakh, nous avons mis en œuvre un programme baptisé Go Green Go Organic. Cela faisait deux ans qu’il n’avait pas neigé au Ladakh, alors nous avons conçu un stupa de glace avec de l’eau de source. Ca s’est avéré très utile. Le Ladakh est un tout petit pays, les villages sont disséminés dans la montagne et chacun compte environ trente à quarante familles, il fallait pouvoir faire arriver l’eau jusqu’à elles. Nous avons fait geler de l’eau dans des régions très reculées, de sorte qu’elle fonde au printemps et que les paysans aient de quoi irriguer leurs terres. On compose avec le changement climatique : en hiver on conserve l’eau, et en été on la canalise grâce à un réseau de tranchées. Elle s’écoule lentement, et on évite ainsi qu’elle se jette directement dans la rivière. Nous recueillons aussi les eaux souterraines. Voilà ce que nous avons fait au Ladakh pendant cinq ans, ça a été l’une de mes nombreuses responsabilités. Nous avons aussi planté 400 000 arbres, et reçu l’aide d’un sponsor en Inde pour planter 100 000 arbres fruitiers l’année prochaine.

Le 6 octobre dernier à Delhi, nous avons lancé un ambitieux projet baptisé Green Himalayas. Notre projet Go Green Go Organic a inspiré une organisation à Mumbai, Goldenmile Learning. Ils interviennent dans le domaine de l’éducation digitale. Ils ont eu envie de nous rejoindre, alors nous avons uni nos forces autour de Green Himalayas. C’est un projet sur vingt-cinq ans et nous sommes dans la première phase. Dans la région du lac Pangong, cette organisation met à disposition des villageois plus de quatre-vingt-dix hectares de terrain avec de l’herbe pour que les animaux puissent paître. Sur les contreforts du lac il y a même un lieu pour méditer. Sur place, les ressources en eau sont excellentes, nous avons donc commencé à y construire un lac artificiel. Ils ont aussi crée un terrain de hockey sur glace qui à l’avenir accueillera des compétitions de grande envergure, car il sera conforme aux normes internationales. Dans la région de Changtang, de nombreux jeunes ont un excellent niveau en hockey sur glace et certains participent déjà à des compétitions internationales. Ce projet sur vingt-cinq ans comprend d’autres volets tels que la plantation d’herbes médicinales et d’arbres fruitiers, la construction de serres, d’un musée… Beaucoup de choses ! Nous avons posé des fondations solides, les gens impliqués sont tous des professionnels dans leur domaine à Mumbai et nous avons reçu le soutien de grandes entreprises telles que Tata et Microsoft en Inde. J’étais le Président de cette organisation, mais à présent mon travail est terminé et je leur ai passé le relais. J’ai nommé un autre Rinpoche, des lamas, des assistants et toute une équipe. Ca fonctionne à merveille, la nouvelle génération assure la relève.

Dans mon centre de formation à Dehradun, nous avons un monastère, un couvent, l’Université Kagyu, la Bibliothèque Songtsen, le Centre de Recherche Himalayen. Là aussi, nous avons commencé à passer le flambeau à la seconde génération. Je me concentre ainsi sur ma nouvelle mission, qui m’amène à aller enseigner dans des endroits reculés, des centres où il n’y a pas de professeurs pour transmettre. Shravasti Project est mon projet principal. Shravasti est une ancienne cite de l’Uttar Pradesh, à la frontière indienne. Bouddha y a passé vingt-cinq années durant la retraite de mousson, trois mois consécutifs en été pendant la saison des pluies. Il y a enseigné plus de huit cents sūtras. Cette année nous y avons invité des moines Theravada réputés venant de sept pays différents, dont la Thaïlande et la Birmanie. Près de quatre-vingt-dix personnes ont ainsi participé à la retraite de mousson pendant trois mois. L’année prochaine, nous ferons venir cent-huit bhikkunis , dont de nombreuses Occidentales. Elles viendront de Taïwan, du Vietnam et d’autres régions d’Asie. Et enfin, chaque année en hiver, nous invitons des laïcs, beaucoup de jeunes, des gens qui vivent dans des régions isolées. Nous faisons venir près de mille personnes en bus depuis le Bhoutan, le Sikkim, le Népal, le Ladakh, le Tibet. Je leur enseigne le Dhammapada et nous méditons selon différentes méthodes telles que Ānāpānasati ou Vipassana.

Message pour la Sangha Mila Center

(c) Bertrand Vacarisas

Q: Votre Sainteté, Mila Center est votre centre, votre sangha: quel message aimeriez-vous nous transmettre?

R: J’ai eu une discussion à ce sujet avec Khenpo Könchök Tashi. Il m’a dit que vous pratiquez la méditation Mahamudra, certains sur des durées courtes, d’autres plus longtemps, que vous avez abordé les six yogas de Naropa… Je dirais que le fondement du centre doit être les cours de méditation. Vous en avez besoin ici, votre mental est trop agité. Plus tard, un lieu d’accueil pour les personnes mourantes qui ont besoin d’aide serait une très bonne chose. Car en Occident, les personnes âgées en fin de vie se retrouvent souvent dans une grande solitude, ce n’est pas comme en Asie. Bouddha est une sorte de médecin, ses enseignements sont un remède pour ses patients, les pratiquants. La palette des maladies et des aspirations est vaste, c’est pourquoi le Vajrayana dispose de méthodes variées en fonction des profils et des besoins. Le cœur des enseignements est toujours le même, mais les méthodes diffèrent selon les personnes. Ce qui est bon pour vous n’est pas gravé dans le marbre, c’est à vous de mettre en pratique et de voir ce qui vous donne les meilleurs résultats.

Le chant de Milarepa

(c) Bertrand Vacarisas

Q : Merci Votre Sainteté. Voudriez-vous chanter une chanson pour Mila Center ?

R: D’accord! Votre centre s’appelle Mila Rechen Center, donc une chanson dévotionnelle pour Milarepa me semble une bonne idée. Au monastère, nous la chantons pour son anniversaire, avec différentes mélodies. Milarepa chantait des chants de réalisation… Bon, je me lance… je ne l’ai pas chantée depuis longtemps! Merci!